Lundi 4 octobre 2010
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"Ta gueule, connard !" : le propos est de JF Copé, s’adressant au vice-président socialiste du Conseil Général de Seine et
Marne en personne, Francis Elu. Le propos est rapporté par le Canard enchaîné, et confirmé par Francis Elu.
C'était le dimanche 19 septembre, lors de l'inauguration d'une ligne ferroviaire rénovée, à Crouy -sur-Ourcq, dans la
circonscription de Copé. Francis Elu, un tantinet ironique, l'avait accueilli par ces mots : " Salut Jean-François, je suis content de t'accueillir, car on ne te voit pas souvent par
ici."
Le Canard précise que Copé a lancé cette subtile réponse devant un parterre de personnalités locales. On savait déjà qu’il
lui arrivait de taxer les militants socialistes de « cloportes », et autres joyeusetés, et qu’il avait « arrêté la langue de bois » (sic). Pour quelle autre ?...
Au-delà de l’anecdote navrante - Copé a fait de la « courtoisie » un axe de « communication » de sa politique de la ville,
et l’on ne peut rentrer à Meaux sans voir le panneau « Meaux, ville courtoise »…- la chose est révélatrice d’un style et d’un climat.
D’un style : celui de Sarkozy, que Copé mime visiblement jusques dans la vulgarité. Du « casse-toi pauvre con » au « ta
gueule connard », on peut parler d’une remarquable continuité dans le mépris et l’insulte. On a les modèles qu’on peut, hélas. On voit d’ailleurs mal dans ces conditions Jean-François venir faire
la leçon de politesse aux gosses des cités…
D’un climat, enfin : celui des années bling-bling, où l’argent s’étale sans vergogne, où les affaires se succèdent, alors
que partout ailleurs, précarité et misère gagnent du terrain. Jamais la droite n’a été aussi arrogante, sûre de son bon droit, et finalement agressive.
Quel est par exemple le fond de l’affaire Woerth ? L’accumulation (maladroite) de mensonges du ministre révèle l’essentiel
: pour la droite, il est bien naturel que le monde politique ait partie liée avec celui de l’argent. Ben voyons… Et tant pis pour les possibles « conflits d’intérêts » ! Seulement, on ne peut pas
le dire au bon peuple, qui ne comprendrait pas ces subtils rouages politico-financiers… Et puis, tous ces socialistes, à l’affût de la moindre faiblesse… Ah !... Alors, on ment, de façon éhontée.
Ou on révèle, par une soudaine vulgarité, et un écart de langage, cette rage intérieure qui les habite tous, de ne pas pouvoir faire leurs petites affaires sans que la presse s’en mêle…
Vraiment, il est plus que temps de changer de politique, de langage… et de gouvernement !
Tiens, mon petit doigt me dit que Martin Hirsch allait sortir un livre sur les « conflits d’intérêts », et que Copé,
cumulard en diable, et avocat d’affaires de surcroît, serait cité en exemple ? D’ici qu’il m’insulte …
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